Critiques

LE REBELLE ET LE CAMARADE PRESIDENT : L’OMBRE DE NOTRE PROPRE SURVET
N’est pas Venance Konan qui veut ! Sur les pas de sa plume, on rit, on tombe de son siège, on s’évade loin, loin là-bas, avec le secret espoir que les choses changent. Hélas ! « Le Rebelle et le Camarade Président » est une histoire ordinaire. Et la création romanesque se débat fortement avec un nombre pléthorique de clichés et de déjà-vu, déjà-entendu, déjà su. Des détails sans passion avec le seul effort pour l’auteur de n’avoir changé que les noms de personnages et des lieux. Mais au bout, au milieu même de cette presque-déception, gicle avec voracité l’humour sacré de Venance. Et parce que ne s’appelle pas Venance Konan qui veut, la littéralité frappe en plein cœur. Et on est heureux de revoir toutes les couleurs graphiques de son style comique sans pareil. Lasso est propulsé sur la scène politique grâce à une rébellion tranchante qui clame avec micros et mégaphones « démocratie et justice ! » Vite, il devient l’icône rêvé. Tout le monde aime le petit à la boursoufflure légendaire. Tout le monde adule le petit rebelle. Lasso est désormais le modèle de la lutte pour la liberté. Mais le Pouvoir n’aime pas le Sexe. Lasso viole une jeune métisse et se fait rattraper par sa propre ombre. Toute une Côte d’Ivoire est revisitée. Toute une nation est mise au pied de l’océan en sang. Sans parti pris, Venance parle, parle, et parle encore !!!        
Manchini Defela
Journaliste Critique Littéraire