Critiques

Liaséré Séri Elie Kouaho

Un écrivain humaniste, prolifique et prolixe. Avec une bibliographie luxuriante.
Et si d’aventure 1987
Le double visage de Gnizako 1989
Destination boribana
Le pari de Dizo, prix R.F.I/théâtre sud : océan indien 1998
Les convives de maison Sapeza.
J’en passe.
Et combien de représentations de ces pièces en Afrique et outre-Atlantique ? On en perd le souffle. Combien l’homme de culture, je veux dire le dramaturge, metteur en scène, s’en donne les moyens avec forte énergie. Une inaltérable pulsion à passer à la loupe sa société, en convoquant par la même occasion le monde entier. Cette pulsion empreinte d’humanisme transparait manifestement ou implicitement dans ces œuvres.
Dans le Pari de Dizo.L’éducation se donne comme la clé, le sésame pour sortir des méandres tumultueuses de la vie. La vie de bagne, de cachot, champ lexical de la prison, du cloisonnement, est récurrente dans l’œuvre. Et cela concoure à dire que, s’il ya prison, univers carcéral, ou encore enfants de la rue__C’est parce qu’il ya absence d’école. L’éducation n’est pas une priorité ou du moins, elle n’est pas en adéquation avec les besoins et les préoccupations de la société. Mais loin de tout fatalisme, ces rebus de la société, ces marginaux, fécondés par elle, sont invités à se reprendre en main. Lève toi et revient à la dignité ! Dixit l’œuvre.
Une dignité reconquise ne peut-être une fin en soi si, l’environnement, la couche d’ozone est en danger. La parabole de la vie infeste de la décharge avec ses corolaires de mouches et de moustiques, dénote la part intimiste de l’amour de l’artiste pour la protection de  la nature. Un protecteur de la nature en somme. Le spectre de la pollution est une hantise, une obsession. Ces refoulés se rebellent pour trouver voie au chapitre à travers la notion d’obsolète, d’altérité du milieu. Par conséquent la dénaturation de celui-ci. Une décharge à peine éclairé. Un vieux pont de bois. De vieux pneus. Rien n’est vraiment tenable.la fugacité de tout est de mise. Et tout tombe en désuétude et en décrépitude. Mais cette apparat apocalyptique est apparente par la faute de l’homme homo sapiens.
Le monde se délite__Pour se métastaser en un monde manichéen. Deux espaces sont convoqués.Oboba la coquette, le quartier des riches où il fait bon vivre. Ici, habitent les sangsues qui vivent au dépend des enfants de la rue, des pauvres__Sur le dos du contribuable de Ivéroy.Et Oboba la décharge, le quartier pauvre. Thomas Hobbes le philosophe disait l’homme est un loup pour l’homme trouve sens dans Le Pari de Dizo.Les enfants de la rue, c’est d’eux qu’il s’agit : battus, dépossédés, execrées, affligés, insécurisés et diabolisés ; ces participes passés pris comme qualificatifs dénotent de manière tangible, l’attitude peu humaines de certaines personnes. Comme des moustiques, ils sucent le sang des enfants d’Ivéroy.Ces punaises vont plus loin en pillant les deniers publics. Fort heureusement il existe encore des hommes qui se rachètent face aux défis qui est le leur.Dizo fait partie de cette classe d’homme. Mus par une force métaphysique  qui donne tout son sens à la possibilité de thaumaturge du dramaturge, une voix interne et externe, lui parle. La décharge te transmet les sanglots de la rue orpheline mais mugissante. A trop tiré sur une corde, elle finit par se casser. Les enfants de la rue vont se rebeller contre ses prédateurs. Avec la hargne et le courage, ils finiront par avoir le dessus dans ce combat de la survie contre l’oppresseur qui veut garder la mainmise sur ces  soi-disant sujets.
Le Pari de Dizo fustige la prostitution, l’adultère…La fin triste de Pop Amélie, et la honte de Binta édifie. La nocivité de la guerre et la violence sous toutes ses formes sont rejetées par Liaséré.Le regard tourné vers Dieu, quand les hommes semblent avoir échoué, il s’interroge. L’emploi de terme religieux atteste de son rapport étroit avec Dieu. L’heure de la sentence est née.  
Le pont de la zone dix te sonne de te levé vers l’autel. Champ lexical réitératif religieux dans l’œuvre sonnant comme un cantique.

            En ce qui seconde la seconde pièce, Les convives de la maison Sapeza, le lecteur-spectateur est plongé dans un univers surréaliste où l’imaginaire cohabite avec le réel. La fiction prend le dessus sur le réel mais la distance est minime. On assiste à une construction mentale d’un espace  montagneux, une thébaïde propice à la réflexion et à la méditation. Intérieur d’une maison de colline.Ici, la lumière se fait moins vive voire absente. Un être humain  difforme bossu. Le regard particulier, inexpressif celui d’un scientifique froid, austère peu enclin à la plaisanterie. Le portrait physique du Docteur Sapeza donne à lire un scientifique aguerrit .Sera t-il capable de guérir vraiment Hebernée ?
Pour célébrer sa découverte, il fait appelle à des amis…des convives.les lecteur-spectateurs se retrouvent piégés dans une sorte de récit kafkaieen, où le fil conducteur  est difficilement perceptible, inextricable. Et Sapeza de jouer la sienne. Tout comme Frankenstein il sera victime de sa propre créature.Hébernée, cette malade qu’il faut ressusciter qui souffre de nombreux maux dont :
La politique avec Eko, politicien félon et enragé, un monstre, il tue ses adversaires.Sapezo fut écroué à cause de ses prises de position. Preuve qu’il n’y a pas de justice.
L’argent illicitement acquis. L’avortement est le moyen d’enrichissement de Pheno.
Pour éradiquer ce qui précède l’antidote chez liaséré est encore l’éducation : il prône comme Jule Ferry l’école pour tous. Et mieux le monde se portera.

      QUE CONCLURE ?
J’ai eu plaisir à lire vos deux œuvres…j’en ai en tiré des dividendes
Stylistique avec intervention d’image imagée ébernée comme mensonge ou une déformation d’Eburnée qui sort des mêmes maladies
Grammaticaux
Lexicaux avec des mots nouveaux
Phylosophique, le mélange de l’impensable avec le réel…le couple fiction : réalité
De belles pièces tout simplement où de temps en temps vous avez utilisé un langage familier pour que le lecteur spectateur moyen se sente dans la scène, je veux dire le scenerio.ces pièces peuvent servir de matière à cinéma.
            Merci…